On atterrit en cette mi-Juin dans la capitale Windhoek (prononcez « Vine Douk ») pour quelques jours de repos et d’organisation avant de se lancer dans un nouveau roadtrip à travers les plaines arides de la Namibie.
Sur les conseils de Will et Julia, deux amis de Bristol, nous posons nos sacs au Chameleon backpackers. L’auberge de jeunesse est agréable, possède une bonne connexion internet et surtout diffuse les matchs de la coupe du monde de football (un must pour Damien) ! On en profite donc pour trier les photos prises jusque là – et il y en a – mettre à jour les réseaux sociaux, skyper la famille… et regarder le match France-Australie 😁


Un petit tour en ville le dimanche nous fait découvrir une capitale désespérément morte. On pique-nique au calme dans un parc, lorsque de la musique attire notre attention. Curieux, on s’approche et on finit par se faire inviter à une sorte de kermesse religieuse (Youth Power Growth) où des jeunes « s’affrontent » en dansant, rappant et chantant. Un bon moment de joie qui tranche avec la torpeur ambiante ! On s’esquive tout de même lorsque certains prennent la parole et donnent une tournure beaucoup plus religieuse au rassemblement.

De retour à l’auberge, on se met à travailler sur le budget alloué à la Namibie et on réalise vite qu’après avoir pris en compte la location du 4×4, l’essence, les campings et les droits d’entrée aux parcs nationaux, il n’y a plus grand-chose pour le reste… c’est à dire manger. C’est l’occasion de relever un petit défi au supermarché du coin où nous tâchons de remplir un caddie pour deux semaines de camping à 1,5€ par repas. Pas facile et surtout pas bon, en particulier les saucisses en boite de conserve, vraiment pas chères et reconstituées à partir d’on ne sait trop quoi…

Le soir, on rencontre Jack et Lucy à la cuisine de l’auberge, en train de se concocter comme nous un repas de routards. Lui est de Londres, elle de Bristol (le monde est petit) et entre nous le courant passe tout de suite. Après avoir longuement parlé de l’Angleterre, du Brexit, de l’Afrique, de la coupe du monde et de plein d’autres choses, rendez-vous est donné dans quelques mois à Zanzibar où ils partent enseigner pour un trimestre.
Le lendemain, on prend possession de notre 4×4 Toyota Hilux, qui sera aussi notre maison pour les deux prochaines semaines, et on s’attaque aux 300km qui nous séparent de notre premier camping plus au Nord, du côté d’Otjiwarongo. La route est bonne, souvent très droite et souvent très vide. En effet, avec une densité de population de trois habitants par kilomètre carré, il est plutôt rare de croiser quelqu’un… heureusement que le 4×4 a deux réservoirs d’essence et qu’on a fait le plein d’eau et de victuailles !

Notre premier camping est celui du Frans Indongo Lodge, lodge classieux ouvert par un célèbre businessman namibien, ancien ministre de l’économie et accessoirement le troisième homme le plus riche du pays. L’endroit est superbe avec sa piscine (fraiche) et sa terrasse donnant sur un bout de réserve privée avec point d’eau où viennent s’abreuver gazelles et autres antilopes. Le camping se situe un poil plus loin, en pleine brousse, avec zèbres et impalas qui broutent aux alentours. Ici pas de voisin humain (nous sommes les seuls à camper sur les quatre emplacements proposés), pas d’électricité non plus mais de quoi faire un feu pour cuisiner le repas du soir.


Le matin, le réveil sonne à 5h30 pour un rendez-vous un peu particulier au Cheetah Conservation Fund, un centre dédié à la protection des guépards. Le centre accueille actuellement 38 pensionnaires et nous sommes venus assister au jogging matinal de trois d’entre eux. Dans un enclos, à moins de cinq mètres de nous, les gros chats courent à toute vitesse après un leurre. Wouf ! Ça décoiffe ! La visite nous permet d’en apprendre plus sur le comportement de ces félins et les difficultés qu’ils rencontrent en pleine nature. On découvre ainsi qu’il existe une très faible diversité génétique chez les guépards, qui sont en fait quasiment tous cousins-cousines, ce qui entraine des problèmes de fertilité et de nombreuses malformations. Leur durée de vie en pleine nature est aussi relativement limitée (dix ans seulement) à cause des lions et léopards qui tuent les petits pour éviter la concurrence, et des fermiers qui tuent les plus grands pour protéger leurs troupeaux.



La visite est une parfaite introduction à la faune qui nous attend dans le fameux parc d’Etosha, dont nous atteignons les portes en début d’après-midi. Il nous reste juste assez de temps pour faire un rapide tour et observer les animaux qui viennent s’abreuver aux points d’eau naturels et artificiels.

Le parc d’Etosha s’organise en fait autour d’une vaste étendue désertique, le pan, qui est tout ce qui reste d’un ancien lac d’eau salée. A cette période de l’année, le parc est extrêmement sec, ce qui est propice à l’observation des animaux qui se massent en nombre autour des points d’eau pour étancher leur soif. Ici, on est loin des étendues vertes et vallonnées de notre premier safari au parc Hluhluwe-Imfolosi. Au contraire, le paysage plat alterne avec des étendues rases de savane jaune, brousse buissonneuse et forêts éparses d’acacias et de mopanes.



Comme en Afrique du Sud, on est tenu de rentrer au camping avant une certaine heure et c’est au camp Namutoni que nous posons notre 4×4/tente pour cette première nuit. A Etosha, chaque camp possède un point d’eau artificiel éclairé la nuit pour prolonger l’observation des animaux. Du coup, une fois notre dîner avalé, nous nous rendons au point d’eau où nous observons… un troupeau de pachydermes.

Au petit matin, on se lève à temps pour assister au lever du soleil sur la savane alentour. Un café, quelques tartines et c’est parti pour une journée complète dans le parc !
Le soir, c’est au camp Halali que nous nous installons. A peine arrivés, on file directement au point d’eau où s’abreuve une trentaine d’éléphants ! S’ensuit un magnifique coucher de soleil puis une maman rhinocéros pointe le bout de sa corne accompagnée de son tout petit. On peut aller se coucher des images plein la tête !



Deuxième jour complet à Etosha et aujourd’hui on compte bien observer des félins, plutôt discrets jusque-là. On vous laisse juger comment s’est passée notre journée.




Pour notre troisième jour de safari, nous prenons notre temps en faisant des pauses plus longues aux points d’eau, moteur à l’arrêt. La journée commence par un petit-déjeuner en tête à tête avec une hyène qui nous fera la démonstration de ses talents à la pêche.

En fin de journée, un attroupement de voitures nous permet d’observer deux lions mâles en pleine sieste et c’est bien deux heures que nous passerons à attendre qu’ils daignent se lever avant de se résigner à rentrer au camp…


Nous passons notre dernière nuit au camp d’Okaukuejo où nous comptons bien profiter un maximum du point d’eau. Du coup, c’est dîner dans une main, bière dans l’autre et couverture sous le bras (et oui autant les journées sont chaudes, autant les nuits sont fraiches) que nous prenons place sur les bancs qui entourent le point d’eau. Nous sommes prêts, que le spectacle commence…
Notre dernière journée est consacrée aux petits animaux que nos yeux aguerris arrivent désormais à discerner ; mangoustes, écureuils, etc. On entendra le rugissement d’un lion par deux fois mais nous n’aurons pas l’opportunité d’en voir un poil de crinière et c’est après avoir assisté à la chasse d’un serpentaire que nous nous résignons à quitter le parc.


C’est Gisèle qui pilote et, sur les conseils de Google Maps, nous décidons de sortir par l’ouest du parc (partie que nous n’avons pas encore visité) afin de nous rapprocher de notre destination finale. Très vite on comprend pourquoi le guide ne mentionne que très brièvement cette partie du parc… les points d’eau se raréfient et c’est au milieu de paysages complétement vides que la piste se déroule.
Le trajet est long et pénible. La voiture n’a pas la clim et pour limiter les entrées de poussière, qui recouvre pourtant déjà tout l’habitacle, les vêtements et les cheveux, nous roulons toutes vitres fermées. S’en sera trop pour Gisèle dont les nerfs lâchent en sortie de parc. Damien reprend les commandes jusqu’au camping Hoada, situé à 130 km plus loin.
Au camping, nous trouvons un havre de paix. L’emplacement, aménagé entre des blocs de pierre, est magnifique. Nous ne voyons ni n’entendons nos voisins et nous avons l’agréable sensation d’être seuls au monde.

Une fois la tente dépliée, on se lance dans un bon dépoussiérage de la voiture et des affaires.

Puis l’heure du dîner arrive et on s’essaie à faire un feu de camp pour cuisiner. Au bout d’une demi-heure à s’acharner en vain à obtenir une flammèche, on se rend à l’évidence et décide de sortir la bonbonne de gaz de la voiture. Ce n’est qu’une fois les pâtes cuites, qu’on entend un crépitement provenant de notre foyer abandonné… Sans plus d’attention, la bûche a pris feu ! Faute de pouvoir cuisiner avec, on profitera tout de même des flammes pour discuter et prendre de bien belles photos.

On s’endort enfin avec les milliers d’étoiles de la nuit Namibienne qui brillent au-dessus de nous.