Le Népal – Chaotique Katmandou

Au revoir l’Afrique et bonjour l’Asie !

Nous quittons la Tanzanie le 13 septembre et après une escale à Dubaï, atterrissons à Katmandou le lendemain après-midi.

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Arusha et l’Afrique s’éloigne alors que Katmandou et l’Asie se rapproche
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Bienvenu à Katmandou

Une fois les passeports tamponnés et nos sacs récupérés, nous essayons en vain de retirer quelques roupies népalaises à tous les distributeurs de l’aéroport, et ce malgré nos cinq cartes bancaires. Heureusement qu’il nous reste quelques euros et livres anglaises afin de faire un peu de change et attraper le bus local qui doit nous mener chez Saroj, le népalais qui nous accueille au sein de sa famille pour une semaine de volontariat.

Il habite de l’autre côté de la ville, près du temple aux singes de Swayambunnath. Nous voilà donc parti pour un long trajet sur toute la moitié Nord du périphérique.

Le soleil décline, le bus file dans le trafic chaotique de la capitale népalaise et sous nos yeux défilent des extraits de vie locale : là, des maraichers assis à même le sol au milieu de leurs marchandises ; ici un vendeur de noix de coco sa cargaison chargée sur la tête ; partout des scooters transportant parfois des familles entières ; et ici et là quelques chèvres et vaches qui ruminent tranquillement dans toute cette agitation.

Chez Saroj, nous participons au projet familial de ferme en permaculture. En échange d’une contribution de 5 US$ par personne (clairement indiquée sur l’annonce et courante au Népal), nous sommes logés et nourris. 

Arrivés à l’heure du dîner, il nous fait faire le tour du propriétaire. Sa famille (son père, sa mère, ses deux sœurs, ses deux chiens et lui-même) s’entasse au rez-de-chaussée tandis que les volontaires sont logés à l’étage dans deux vastes dortoirs de huit lits en tout et qui donnent plus l’effet d’une auberge de jeunesse que d’un volontariat dans une ferme. Un peu de déception pour Gisèle. 

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On a quand même la chance d’avoir un dortoir pour nous tout seul pour une semaine !

La famille est cependant adorable et les autres volontaires super sympas. On rencontre Daniel et Laura, un couple irlando-roumain avec qui le courant passe instantanément. La vingtaine bien tassée, on a beaucoup de points communs et plein de choses à partager, bien qu’ils soient un peu plus artistes et spirituels que nous. Et puis il y a Hannah, la jeune anglaise dont c’est le premier voyage à l’étranger. Elle est venue ici en stage pour étudier la culture du riz au Népal et récupérer des échantillons de sol, de grains, etc. Un peu perdue et assez stressée par ce saut dans l’inconnu loin du cocon familial, elle est très attachante et nous tâchons de la rassurer ou de lui donner quelques conseils en vieux baroudeurs que nous sommes (ou presque).

On s’installe et on fait plus ample connaissance avec tout le monde autour d’un bon dhal bat, plat national par excellence qui mélange soupe de lentilles, curry et riz. Saroj nous apprend au cours du repas qu’il n’attend qu’une heure ou deux de travail par jour de la part des volontaires, et qu’on aura donc pas mal de temps libre pour découvrir la vie du coin, Katmandou et ses environs.

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Le bon dhal bat de la Maman de Saroj

Le lendemain, c’est Samedi, l’équivalent du Dimanche au Népal et donc un jour chômé. On commence à explorer l’Ouest de Katmandou en grimpant la colline en face de chez Saroj pour une vue imprenable sur la ville et l’imposant temple Swayambunath en arrière plan. Une averse nous prend de cours et l’on réfugie le temps d’un verre dans un bar panoramique avant de rejoindre le fameux temple par un passage dérobé, recommandé par Saroj pour éviter de payer l’entrée.

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Vue sur la ville et le temple de Swayambunath  perché sur sa butte
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Damien prenant la pause avec un fan au pied du temple Swayambunath
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Le stupa de Swayambunath dans le soleil couchant
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Certaines tournent autour du stupa pour la bonne chance, d’autres jouent à cache-cache

Le reste de la semaine se partage entre yoga le matin, quelques heures de travail au jardin avant le déjeuner, et visites de la ville dans l’après-midi et la soirée.

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Ouverture de chakras

Encore un bon conseil de Saroj : le centre ayurvédique de la chaine Patanjali, situé à deux pas de la maison, dispense des séances de yoga gratuites tous les matins. Une sacrée expérience de deux heures au milieu des habitants du quartier, hommes et femmes de tout âge (et parfois même des enfants) avec un professeur de yoga surprenant. Celui-ci démarre chaque jour sa classe par un échauffement sur de la musique psy-trance et la finit par de longs exercices respiratoires nous laissant sur les rotules.

Ici, le yoga fait partie intégrante du quotidien pour beaucoup, à mi-chemin entre la salle de sport et la médecine préventive.

En tout cas, ça nous fait bien suer et on a souvent l’air faiblard face aux mamies qui font ça tous les jours. Elles se moquent d’ailleurs bien de Damien quand il s’agit de toucher ses orteils. Enfin, nos journées démarrent-elles au moins sur les chapeaux de roue !

Histoire de remettre une couche de sueur, on enchaine sur les travaux du jardin qui alternent entre sarclage du sol, arrachage des mauvaises herbes, plantage de graines et épandage de fumier, les averses du moment se chargeant de l’arrosage. On est étonnés de la vitesse à laquelle poussent l’ail et la moutarde que nous avons semés mais surtout impressionnés par la quantité de vers de terre au mètre carré : chaque motte de terre grouille, il y en a des dizaines, voire des centaines de plus que par chez nous.

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Ca bêche, ça sème, ça plante !

Côté visite, après l’Ouest, on s’attaque au centre de Katmandou et le quartier frénétique de Thamel, rempli de boutiques, de restaurants, de cafés et d’agences de voyages. On en profite pour peaufiner la préparation du trek à venir, négocier des gants et des bonnets contrefaits et faire un tour au Jardin des rêves pour une parenthèse de calme.

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Shopping à Thamel
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Rêverie loin du tumulte
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Déambulation dans les rues de Katmandou, de jour…
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… comme de nuit

De passage au bureau du tourisme pour obtenir les permis d’entrée nécessaire au trek, on croise un sherpa ayant gravi plusieurs fois l’Everest au sortir d’une conférence sur un film à son sujet. Très sympa, il discute avec nous et nous offre nos premiers momos, un délice de la cuisine népalaise que l’on retrouvera très souvent par la suite. 

On visite aussi un cabinet de dentiste, histoire que Damien répare sa dent cassée en Tanzanie et puisse sourire à nouveau sur les photos de voyage.

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Comme neuf !

Toujours dans Katmandou, on ouvre la page culture au chapitre Durbar Square. Cette célèbre grande place regroupe de nombreux temples qui racontent l’histoire du pays entre hindouisme indien au Sud et bouddhisme tibétain au Nord. Et bien que le terrible séisme de 2015 ait détruit les plus beaux temples, ceux qui ont survécus demeurent impressionnants malgré quelques échafaudages. Le long travail de restauration n’est pas près d’être fini… Une chose qui n’a pas disparu en tout cas, ce sont les guides agaçants dans leur quête insistante de touristes et les faux sâdhus posant pour la photo contre un peu d’argent.

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Le vermillon recouvre tout
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Sculptures coquines bordant les temples pour éloigner les mauvais esprits

Au Sud de Katmandou, on visite le Durbar Square de Patan, bien plus calme car piéton, et tout aussi intéressant pour ses nombreux temples et son musée. On apprécie aussi beaucoup arpenter les ruelles de la ville et découvrir ses cours intérieures au charme paisible.

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Prière  au temple doré Hiranya Varna Mahavihar
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Les belles places de Patan offre un espace au calme pour les touristes comme les locaux
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Derrière les portes, des trésors de courette

On y visite par ailleurs une école pour le compte de l’association que Gisèle aide depuis la Zambie. Accueillis par le directeur comme des hôtes de marque avec une écharpe qu’il nous noue autour du cou, on le suit pour la visite des lieux qui s’achève par un déjeuner dans son appartement au dernier étage du bâtiment principal. Sa femme nous a préparé un repas succulent avec d’innombrables momos qu’on a du mal à refuser et un dessert à tomber par terre, sorte de sponge-cake chaud imbibé de sirop de sucre. Le repas est l’occasion de parler du Népal et de son système éducatif bien sûr, mais aussi de l’histoire, des gens, de la politique et de la vie ici en général. Une belle rencontre qui nous a appris beaucoup et nous voit repartir heureux, le ventre plein.

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Un accueil chaleureux par M. Shyam Karki, le directeur de l’école
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Une installation bien maintenue
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Et des invités repus ! (Découverte du gulab jamun, une petite boule de pure délice)

A l’Est de Katmandou, somnole la jolie ville de Bhaktapur. Pas encore envahie de scooters et bien moins poussiéreuse que la capitale, elle est, elle aussi, réputée pour son Durbar Square et ses temples ayant mieux résisté au séisme, ainsi que pour son artisanat. On y passe une nuit, histoire de profiter des lieux le soir après que les touristes de la journée soient repartis, et le matin avant qu’ils n’arrivent. Et puis pour marquer nos dix ans ensemble, on se fait plaisir avec un coucher de soleil sur la magnifique pagode Nyatapola, un bon restaurant et une bonne nuit dans hôtel tout confort.

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Au petit matin, on flâne dans les rues qui s’activent. Un atelier de peinture retient notre regard et le jeune artiste-propriétaire nous invite à comprendre le sens des mandalas qu’il peint. L’explication nous plait tellement que nous en achetons quelques uns. Un peu plus loin, nouvel arrêt devant un atelier de bols tibétains cette fois. L’explication théorique de ces bols vibratoires à qui l’on prête des vertus guérissantes se révèle très intéressante et la démonstration pratique vraiment marrante. Gisèle adore et Damien a la tête qui bourdonne.

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Le  barbier de rue a remarqué la barbe grandissante de Damien
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Le maître et ses oeuvres

On quitte Bhaktapur en fin de matinée pour Bodnath, haut lieu de la culture bouddhiste au Népal et l’un des plus grands stupas du monde. Tout simplement époustouflant ! Le stupa se dresse tel un mamelon géant autour duquel déambulent dans le sens des aiguilles d’une montre touristes et bouddhistes. Encore une histoire de karma et de Nirvana.

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Souriants devant le magnifique stupa de Bodnath
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Les yeux omniscients de Buddha

Enfin nous achevons la journée par un passage au temple Pashupatinath, haut lieu de l’hindouisme pour sa part. Très calme lors de notre visite, il se remplit parfois de gens se baignant dans ses eaux sacrées ou priant. Il peut même devenir fascinant et inquiétant à la fois pour les touristes lorsque des crémations ont lieu, car c’est ici en plein air que les hindous viennent passer de cette vie à la prochaine par le feu purificateur. Et tout le monde à Katmandou se rappelle tristement du ciel noirci au-dessus de Pashupatinath suite au tremblement de terre de 2015.

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Le temple de Pashupatinath, ses bûchers de crémation et son canal aux ablutions

Après une semaine de visite, de rencontre, de yoga et de jardinage, il est presque temps de tirer notre révérence.

Pour notre dernier jour sur Katmandu, nous prenons part au festival de la Kumari, déesse vivante vénérée, et crainte, dans tout le Népal. La Kumari actuelle n’a que 4 ans. Sélectionnée parmi les jeunes filles du pays n’ayant encore jamais versé la moindre goutte de sang et répondant à plus de trois-cents critères tels que la couleur des yeux, la forme des pieds ou la texture des cheveux, c’est celle qui est restée le plus impassible face à la danse grotesque d’hommes en masque et à l’égorgement de dizaines de buffles. Une fois révélée au monde, la petite déesse vit recluse dans un palais, loin de sa famille, jusqu’à ce qu’elle verse sa première goutte de sang. Elle ne sort qu’une fois par an pour défiler sur des chars à travers la ville et recevoir les honneurs de la présidente et du peuple lors d’une fête immense. 

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La ferveur est déjà palpable; la Kumari sort de son palais face à la foule et la présidente du Népal
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La fillette est transportée à travers la ville sur un char
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Impassible… choupette…

Le jour d’après nous embarquons pour trois heures de route direction le Nord-Ouest du pays, près de la frontière tibétaine, et le réputé Last Resort où Damien doit faire un saut à l’élastique. Après un briefing très professionnel, il se jette magnifiquement pour 160 mètres de chute dans la gorge de la rivière Bhote Kosi; le plus beau saut de la session !

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Le grand saut

Alors qu’on aurait dû passer la nuit au Resort et faire une session de rafting sur la Bhote Kosi le lendemain, on se voit retourner de manière anticipée sur Katmandou. Les autres volontaires pour le rafting se sont décommandés en dernière minute et vu qu’il est bien impossible de manier un raft en sous-effectif sur une rivière démontée, on fait une croix sur l’activité.

De retour chez Saroj, on savoure un dernier dhal bat en famille et une dernière nuit dans la vallée de Katmandou avant de nous mesurer enfin aux montagnes de l’Himalaya dont le départ est prévu le jour suivant.

En extra – Ceux avec qui nous avons passé un excellent séjour sur Katmandou : Hannah ; Laura et Daniel ; et Saroj, qui nous a initié à la confection de momos !

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