Dix jours de marche intense appellent à un peu d’indulgence. Et c’est à Pokhara que nous posons notre sac et nos corps fatigués pour quelques jours de repos bien mérité.
L’arrivée tardive en bus depuis Jomson nous verra passer le plus clair du lendemain à dormir, nous reconnecter aux réseaux sociaux, nous laver et manger. On teste pour le déjeuner un mignon petit restaurant tenu par une anglaise. Les menus écrits à la main proposent « tea », « full English breakfast » et autres « sourdough bread » et après tous les dhal bat ingérés ces derniers temps, ces saveurs familières de Bristol nous font le plus grand bien.

Le jour d’après ne nous voit pas plus actif. Nous fêtons l’anniversaire de Gisèle avec un formidable massage « du trekkeur » dans le meilleur salon de la ville, et un bon restaurant pour dîner. Le vin blanc qui accompagne les délicieux poissons nous fait sentir comme des rois après ces quelques semaines de vie simple.

Par ailleurs, entre le massage du matin et le restaurant du soir, notre seul véritable effort du jour consiste à déménager pour un hôtel moins cher et plus sympa. Situé en bordure du grand lac qui confère à Pokhara son charme tranquille, on a dégoté notre nouvelle adresse sur Airbnb. Le propriétaire, encore un anglais, nous accueille à bras ouverts et nous mène à notre chambre tout confort (avec douche chaude et puissante !!). Au cours de la visite, il nous explique qu’il a monté cet établissement pour venir en aide aux jeunes népalais devenus accro à la colle. Le lieu sert de centre de réinsertion en leur offrant un travail en cuisine, au service ou à l’accueil et lui s’assure du suivi de ces jeunes sur le long terme ; un beau projet social !

Nous sommes seulement le troisième jour à Pokhara que déjà nos jambes fourmillent du manque d’activité… Il semblerait bien qu’on puisse aussi devenir accro à la marche à pied. On passe donc notre matinée à parcourir les nombreuses agences de la ville qui proposent des activités diverses et variées telles que saut en parapente, sortie kayak, rafting, etc. Une agence que Carolina, rencontrée lors du trek, nous a recommandée, nous fait la meilleure offre sur ce qui nous intéresse c’est à dire un saut en parapente en matinée et une descente en rafting l’après-midi. Banco ! On ne va pas chercher plus loin et on réserve. L’après-midi, on prend un peu de hauteur et on grimpe à la pagode de la paix qui surplombe le lac de Pokhara. Celle-ci vient du Japon et fait partie d’une série de pagode à travers le monde financé par les bouddhistes du pays du Soleil levant pour propager un message de paix.

Le soir venu, on retrouve à notre hôtel Guillaume, un collègue de Gisèle quand elle travaillait à Grenoble, accompagné d’un de ses potes. On prend un verre ensemble avant que Simon, lui aussi arrivé sur Pokhara après le trek des Annapurna, ne nous rejoigne pour aller regarder ensemble Interstellar dans un cinéma de plein air. Le film, les pizzas, les bières, la compagnie et le cadre nous font presque oublier que nous sommes au Népal. Nous passons une excellente soirée quelque peu déconnectée de la réalité.


On rejoint Simon aux aurores pour aller contempler le lever du soleil sur les sommets himalayens depuis la colline de Sarangkot. Le temps est un peu couvert et le lever timide.


Qu’à ne cela ne tienne, on revient un brin de temps plus tard pour voir si le sommet des montagnes est plus visible depuis le ciel. Le parapente de Gisèle est piloté par Andres, un Colombien expérimenté qui vient depuis pas mal de temps à Pokhara. Damien lui vole avec Yukesh, un pilote Népalais de dix-sept ans, petit prodige du parapente népalais et déjà membre de l’équipe nationale. Bref, nous sommes entre de bonnes mains !

L’expérience est géniale ! Les paysages sont magnifiques, le soleil brille, le Machapuchare se découpe au loin, les pilotes prennent leur temps pour nous faire planer et nous offrent même une session d’acrobaties avant d’atterrir en douceur au bord du lac. Damien a redécouvert avec plaisir les sensations du parapente et Gisèle, qui était plutôt inquiète au début, est désormais une fervente convertie. Une heure de vol pour quarante euros, c’est vraiment LE truc à faire à Pokhara.
A peine remis de nos émotions que nous repartons déjà vers les prochaines. Notre séance ajournée de rafting sur la Bhote Khosi nous a laissé un goût amer et nous recherchions depuis l’opportunité d’en faire. A Pokhara, les agences proposent plusieurs descentes et nous nous sommes laissés séduire par une descente sur la rivière Seti. Nous voilà donc parti juste après-midi pour notre deuxième activité du jour. Un rapide briefing et nous sommes dans l’eau à pagayer en cadence pour passer des rapides de classe 3. Ça secoue bien et souvent. Si bien et si souvent d’ailleurs que Gisèle finit par passer par-dessus bord lors d’un passage de classe 4. Heureusement, les kayaks de secours sont là pour la récupérer sans tarder. Elle en est quitte pour une bonne frayeur et un pic d’adrénaline encore au-delà du niveau déjà bien élevé qu’on a dû maintenir pendant la descente.

Quarante minutes de raft plus tard, et nous sommes complètement rincés mais comblés. Le minibus nous ramène à l’hôtel où nous prenons une bonne douche avant de rejoindre toute l’équipe du trek dans une crêperie française qui se révélera délicieuse, de la galette tartiflette à la crêpe chantilly-caramel au beurre salé. Pokhara est décidément l’escale parfaite pour se remettre d’un trek autour des Annapurnas !

La dernière journée en ville consiste à se poser dans un café au bord du lac pour écrire des cartes postales et planifier notre prochaine étape en Indonésie. On savoure nos derniers momos au déjeuner et notre dernier dhal bat au dîner, puis on retrouve Sophie et Benoit autour d’un verre dans un bar à l’ambiance sonore psytrance. On réalise que les Népalais sont friands de cette musique si peu grand public chez nous et on se dit qu’il est dommage que nous soyons les seuls clients ce soir-là car l’endroit était parfait pour faire la fête !

Le lendemain on prend le bus direction Katmandou, sans doute le moins pire de tous, et on arrive dans la soirée chez Saroj pour passer notre dernière nuit au Népal. On récupère le sac qu’on avait laissé là avant le trek, on lègue nos bâtons de marche et nos gants contrefaits à Yassine (un nouveau volontaire), on prend tous les bons conseils sur Sumatra de Clio (une nouvelle volontaire qui en arrive juste), on refait nos adieux à toute la famille et on part embarquer sur notre vol pour l’Indonésie.
